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Janvier 2023

LES VOITURES D’HIVER

 

     Ces voitures, nos ancêtres les inventèrent sans doute en copiant, dans un premier temps, les moyens de transport des Amérindiens: traîneau et traîne sauvage. Puis peu à peu, ils transformèrent le produit original et l’adaptèrent aux différents besoins du moment: transport des marchandises, du bois, des personnes etc.

     Ainsi, au siècle dernier, il n’était pas rare de trouver chez un habitant québécois de six à dix voitures d’hiver, chacune servant à des besoins spécifiques.

     La « bacagnole » désignait un traîneau grossier que le fermier utilisait surtout sur ses terres et dans les bois. Elle se composait essentiellement d’un tronc d’arbre creusé qu’on attelait à un cheval. Pour se déplacer sur des surfaces dures et glacées, on montait la bacagnole sur de larges patins de bois et on obtenait ainsi ce qu’on appelait la sleigh (ou slé). Quand ce véhicule comptait deux jeux de patins, avec avant mobile pour faciliter les tournants, on le nommait « bobsleigh ». En y ajoutant une sorte de caisse grossière pour le transport du fumier, ou des côtés nommés échelettes, on inventait alors la « traîne à bâtons ».

 

L’habitant en avait tout un assortiment 

     Chaque habitant possédait aussi un « gabord », sorte de petit traîneau à patins pleins et surmonté d’un tonneau qu’il utilisait au printemps pour récolter l’eau d’érable.

     Pour transporter les personnes, on avait recours à d’autres genres de voitures. La plus sommaire, la caisse de bois montée sur deux lisses et pouvant accommoder deux personnes, s’appelait le « berlot ». Dans le cas d’un modèle plus large, pour quatre personnes, avec banc de conducteur à l’avant et coffre à l’arrière, on parlait de « berline ». Lorsque la berline s’accordait le luxe de portes sculptées et de six places, elle devenait une « carriole ».

     Comme tous ces véhicules étaient généralement de fabrication domestique, chaque région présentait des caractéristiques originales. Ainsi, les carrioles du lac Saint-Jean étaient plus larges que celles de la région de Québec. À certains endroits, à Saint-Féréol par exemple, les berlines étaient fermées et possédaient même un petit poêle à l’intérieur.

     Ceux qui ne disposaient pas de ces véhicules fermés, c’est-à-dire la très grande majorité, devaient prendre toutes sortes de précautions contre le froid. Ils s’enveloppaient de plusieurs couvertures épaisses et de fourrures appelées « couvertes ou robes de carriole ». Certains même réchauffaient le fond de leur traîneau, de paille ou encore de briques chaudes.

     Les voitures d’hiver avançaient sans faire trop de bruit: aussi avait-on pris l’habitude d’y attacher une ribambelle de clochettes ou de grelots. En indiquant la présence de l’équipage, ce genre de signalisation auditive permettait d’éviter les accidents, plus particulièrement durant les soirées sans lune.

Extrait de « Les coutumes de nos ancêtres », auteur Yvon Desautels,
autorisé par l’éditeur Éditions Paulines, 1984/médiaspaul